La déclivité du terrain est ici telle que ces éboulis sont actifs presque continuellement. A chaque pluie importante, des blocs tombent depuis le sommet de la «niche d’arrachement», qui est située 700m plus haut (mais à seulement 900m de distance, soit sur une pente à 110%). Ces rochers forment ainsi de véritables rivières de cailloux, dont l’instabilité entrave considérablement le développement de la végétation.
Même si ce milieu demeure avant tout minéral, certaines plantes arrivent à s’accommoder de cet habitat hostile et mouvant. C’est notamment le cas de l’oseille en écusson, dont les rejets flexibles se glissent entre les pierres instables et évitent ainsi l’enfouissement. Dans les bords, les cailloux mélangés à de la terre constituent un biotope un peu moins hostile, qui permet l’établissement d’autres espèces, comme les echinops.
En bordure de ces couloirs se développent aussi des buissons qui profitent ici d’un ensoleillement qui ne se trouve pas au milieu de la forêt. Lors de chutes de blocs plus importants, ils sont toutefois rasés, ce qui induit un rajeunissement cyclique de cette végétation. Enfin, cet éboulis sont également favorables aux reptiles – orvet, coronelle lisse ou vipère aspic - qui apprécient les terrains minéraux chauffés par le soleil.